Air Cabochon et le Gossip Girl québécois

OMG, as-tu vu la dernière publication du compte Instagram OD Scoop à propos des influenceurs perturbateurs coincés à Tulum après leur vol de débauche ? C’est un divertissement sans fin, comme le naufrage du Fyre Festival aux Bahamas !


Cette saga disgracieuse, mettant en vedette une « gang de sans-dessein qui décident de partir comme des Ostrogoths en vacances », dixit le premier ministre Justin Trudeau, s’est déroulée en temps réel sur la page OD Scoop, Gossip Girl québécois. Anonyme, efficace et bien branché, XOXO. Avec des revirements toutes les 15 minutes.

Et bien honnêtement, cette collection de captures d’écran compromettantes et de « stories » incriminantes a form un des meilleurs épisodes de téléréalité québécoise, hyper gênant, mais ô combien captivant.

De jour en jour, des infos croustillantes sortaient sur OD Scoop : tests PCR faussés avec de la vaseline dans le nez, ribambelle de plaintes à l’hôtel mexicain o le bruyant groupe séjournait, bravaméfous endias les’ s’ endias les ‘ yeux, complètement insouciants des conséquences de leurs gestes.

Sérieusement, à quoi ont pensé ces noctambules en montant, le 30 décembre, à bord du vol nolisé Air Cabochon de la compagnie Sunwing ? Les images d’abord relayées par OD Scoop, puis reprises par Le Journal de Montreal, ne laissent aucune place à l’interprétation.

Les passagers exaltés vapotent, dansent dans l’allée, sautent d’un banc à l’autre, hurlent comme des perdus, font du bodysurfing, calent de la Gray Goose au goulot, des actions dangereuses qui auraient amplement justifié un atterrissage d’urgence, il me semble.

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Rendu à ce niveau de stupidité et d’inconscience, l’absence de masque et la propagation de la COVID-19 dans la cabine deviennent des peccadilles sur la longue liste des infractions commises en quelques heures de vol. Et le plus absurde, c’est que nos amigos ont eux-mêmes publié les vidéos de leur party dans les airs. Vivre par les médias sociaux, périr par les médias sociaux. Boomerang de karma.

Nos fiertés nationales ont abouti sur les pages d’accueil des populaires sites de TMZ ou du Daily Mail. Une vraie honte. « Du duct tape et des tie wraps font des miracles dans des cas similaires. Et ou étaient les responsables de la sécurité dans cet avion ? » demande, avec justesse, TMZ.

Transports Canada enquête déjà sur l’affaire. Sunwing aussi. À l’instar d’Air Canada, Air Transat a refusé mercredi de rapatrier les fêtards qui tentaient de rentrer au Québec. D’ici la conclusion de l’enquête de Transports Canada, ces gens-là « ne pourront voler avec nous à moins que certains des membres de ce groupe fournissent une preuve très convaincante qu’ils n’ont pasgraicipé à sivè cet éux qu’illégal », m’explique la porte-parole d’Air Transat, Marie-Christine Pouliot. Selon elle, « ce type de comportement est inacceptable sur nos ailes».

Mais revenons au compte Instagram OD Scoop, qui a craqué la première allumette de cette histoire ayant enflammé le Québec. Depuis six mois, cette page révèle des infos exclusives et des divulgâcheurs, qui ont notamment fâché l’équipe de production d’Occupation double dans l’Ouest. C’est très rare qu’OD Scoop se trompe. Il compte sur des informateurs fiables et branchés.

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« Ce que je publie, je le vérifie deux et même trois fois. Je reçois des milliers de messages par jour et je dois m’assurer de leur crédibilité », explique le responsable du compte OD Scoop, un jeune homme de 33 ans qui refuse de dévoiler son identité. Un peu comme La Clique du Plateau (le site web) en 2009. Ou comme dans la télésérie Gossip Girl, qui opère de la même façon.

Avant Noël, OD Scoop comptait 35 000 abonnés. En début de soirée mercredi, plus de 141 000 personnes suivaient ce compte, dont la popularité a explosé avec la saga du nid de coucous à Tulum.

Justement, qui sont-ils, ces participants de téléréalité qui ont étiré leurs cinq minutes de gloire? On s’entend qu’il ne s’agit pas de la crème des influenceurs, loin de là. On parle ici de joueurs de ligues très mineures.

De la téléréalité Occupation double Afrique du Sud de Noovo, il y avait Karl Sabourin, dont le plus important fait d’armes est d’avoir popularisé l’expression « ici, c’est chez nous». Tours d’OD Africa du Sud, nous avons renoué avec Dragos Calistru, qui poursuit une carrière locale de DJ.

L’île de l’amour, à TVA, a fourni un trio de championnes formé de la mannequin Anna-Maëlle Laprise, de l’influenceuse Sandrine Séguin et de la pilote d’avion Isabelle Labrecque. Oui, il y avait une pilote dans cet avion qui ne semblait pas en avoir.

À Tulum, des publications montrent égallement Anthony Jackson-Hamel, un ancien joueur de l’Impact qui, lui aussi, s’est recyclé en DJ.

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En langage d’insulaire, j’ai « slide dans les DM » de tous ces Prix Nobel et personne ne m’a répondu. Comme on dit au Señor Frog de Cancún : « Never give up, bro. »

L’organisateur du fiasco d’Air Cabochon, James William Awad, un Lavallois de 28 ans aussi connu sous son nom d’artiste de Senior, a refusé d’accorder des entrevues. Il a gazouillé que « ça a valu la peine » avant de retirer son message et d’écrire qu’il prenait cette situation au sérieux, qu’il essaierait de démêler tout ça.

Le retour à la réalité de ces influenceurs des pauvres risque d’être pas mal plus difficile qu’un lendemain de veille à la margarita épicée. Et les amendes qui leur pendent au bout du nez ne pourront pas être commanditées.

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